En quoi consiste cette catégorie
« Thérapie brève » est un terme générique qui regroupe, sur Paralib, des approches d'accompagnement psychologique caractérisées par un nombre de séances volontairement limité et un travail centré sur un objectif concret, plutôt que sur une exploration prolongée du passé. Il ne s'agit pas d'une méthode unique mais d'une famille d'approches, dont deux courants historiques principaux.
Le premier est l'approche systémique et stratégique de l'école dite « de Palo Alto ». Elle trouve son origine au début des années 1950, lorsque l'anthropologue Gregory Bateson réunit à l'hôpital des vétérans de Palo Alto (Californie), avec un financement de la fondation Rockefeller, une équipe de chercheurs (dont Jay Haley et John Weakland, rejoints en 1954 par le psychiatre Don Jackson) pour étudier la communication humaine ; leurs travaux aboutissent en 1956 au concept de « double contrainte ». En 1959, Don Jackson fonde le Mental Research Institute (MRI) à Palo Alto avec Virginia Satir et Jules Riskin, bientôt rejoints par Paul Watzlawick. En 1966, Richard Fisch, John Weakland, Arthur Bodin et Paul Watzlawick y créent le Brief Therapy Center, centré sur des interventions stratégiques ciblées permettant un changement significatif en un nombre restreint de séances ; leurs travaux sont formalisés en 1974 dans l'ouvrage « Changements : paradoxes et psychothérapie » (Watzlawick, Weakland, Fisch).
Le second est la thérapie orientée solution (ou thérapie brève centrée sur la solution), développée à partir des années 1980 au Brief Family Therapy Center de Milwaukee (Wisconsin, États-Unis) par Steve de Shazer et Insoo Kim Berg, en s'appuyant notamment sur la théorie des systèmes de Bateson et sur les travaux du psychiatre Milton Erickson. Selon l'association qui la représente à l'international, cette approche ne cherche pas à comprendre l'origine du problème mais à construire, avec la personne accompagnée, une représentation concrète du changement souhaité — une séance s'articule ainsi typiquement autour de la clarification de l'objectif, de la recherche d'exceptions (moments où le problème est absent ou moins présent), de la « question miracle » (imaginer la situation une fois le problème résolu), de questions d'échelle pour mesurer la progression, et de petites tâches à expérimenter entre les séances.




