En quoi consiste cette pratique
La Somatic Experiencing (SE) a été développée à partir des années 1970 par Peter A. Levine, docteur en biophysique médicale et en psychologie, qui a déposé le nom comme marque en 1989 et popularisé l'approche en 1997 avec son ouvrage Waking the Tiger. Levine s'est appuyé sur l'observation du comportement animal face au danger : dans la nature, un animal menacé peut se figer temporairement (réponse d'immobilité) puis, une fois le danger passé, « décharger » cette activation par des tremblements ou des mouvements avant de reprendre son cours normal. Pour Levine, l'être humain resterait parfois « bloqué » dans cette réponse de figement inachevée, ce qui entretiendrait les symptômes associés au traumatisme : l'hypothèse centrale de la méthode est que ces symptômes tiennent moins à l'évènement lui-même qu'à une dysrégulation persistante du système nerveux autonome.
La SE se distingue des approches purement verbales par une entrée dite « bottom-up » : plutôt que de partir du récit ou de la pensée, elle invite la personne à porter attention à ses sensations corporelles (le modèle SIBAM, pour Sensation, Image, Comportement, Affect et Signification, décrit ces différents canaux de l'expérience). Le courant s'est par la suite rapproché de la théorie polyvagale du neuroscientifique Stephen Porges, qui décrit différents états du système nerveux autonome, bien que l'articulation précise entre les deux modèles fasse encore débat dans la littérature scientifique anglophone.





