Il existe aujourd'hui deux contextes très différents dans lesquels des sangsues sont utilisées, et il est important de ne pas les confondre.
En milieu hospitalier, la pose de sangsues intervient en complément d'actes de chirurgie reconstructrice — greffes de peau, lambeaux, réimplantations de doigts — pour traiter une congestion veineuse que la chirurgie seule ne peut pas corriger. La salive de la sangsue contient de l'hirudine (un anticoagulant) ainsi que des substances vasodilatatrices qui limitent la formation de caillots et favorisent le drainage veineux le temps que de nouveaux vaisseaux se forment. Une revue de la littérature scientifique portant sur 41 études publiées entre 1960 et 2015 rapporte un taux de succès de 65 à 85 % selon les situations, avec une application toutes les 2 à 8 heures sur une durée moyenne de traitement de 4 à 10 jours (source : revue systématique, Annales de Chirurgie Plastique Esthétique, 2016). Ce protocole est réalisé sur prescription médicale, en établissement de soins.
Sur le plan réglementaire, les sangsues à usage médical « ne répondent ni à la définition du médicament ni à celle des dispositifs médicaux » au sens du code de la santé publique, car il s'agit d'animaux vivants — c'est pourquoi cet usage n'est pas remboursé par l'Assurance Maladie (source : Sénat, réponse ministérielle à la question écrite n° 13475, 16/12/2004).
En dehors de ce cadre hospitalier, l'hirudothérapie est également proposée par des praticiens de bien-être (naturopathes, réflexologues notamment), en cabinet privé et sans prescription médicale, à visée de bien-être et de décongestion. Nous n'avons trouvé aucune étude indépendante ni source institutionnelle documentant les effets de la pratique dans ce cadre précis : les informations ci-dessous se limitent donc à ce que des sources fiables permettent d'affirmer, sans reprendre d'allégation de bienfait qui ne serait pas indépendamment vérifiée.