Un bulletin de l'Anses de décembre 2024, réalisé en réponse à une saisine interministérielle de 2022, a analysé les expositions à des huiles essentielles rapportées aux Centres antipoison entre 2011 et 2021 : le nombre d'appels a augmenté sur la période (1 926 en 2011, plus de 4 000 cas par an entre 2018 et 2020, 3 752 en 2021), concernant surtout de jeunes enfants (âge médian 3 ans, 14 % de moins d'un an). Plus d'un tiers des cas résultait d'une confusion du flacon d'huile essentielle avec un autre produit (le plus souvent de la vitamine D administrée par erreur à un enfant), et plus d'un tiers d'un défaut de perception du risque par l'enfant ayant manipulé un flacon laissé à sa portée. L'Anses recommande de ne jamais laisser les flacons d'huiles essentielles à la portée des jeunes enfants, de demander conseil à un professionnel de santé avant tout usage, et d'appeler un Centre antipoison en cas d'exposition accidentelle ou de surdosage. Elle rappelle des précautions spécifiques : l'huile essentielle de gaulthérie, riche en dérivés salicylés proches de l'aspirine, est contre-indiquée en cas d'allergie à l'aspirine ou de traitement anticoagulant et ne doit jamais être ingérée ; les huiles essentielles de Melaleuca (arbre à thé, niaouli, cajeput), par voie orale, sont déconseillées chez les enfants de moins de 30 mois, chez les personnes ayant des antécédents d'épilepsie ou de convulsions fébriles, ainsi que chez les femmes enceintes ou allaitantes.
Le rapport d'activité 2022-2024 de la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) cite l'« aromathérapeute » parmi une liste de « thérapeutes auto-proclamés » (aux côtés du coach de vie, de l'hypnothérapeute, de l'énergéticien...) « qui ne disposent d'aucun diplôme reconnu par l'État et qui mettent en œuvre des pratiques non éprouvées », dans une partie consacrée aux signalements de faux souvenirs induits reçus par la mission entre 2022 et 2024 — un point de vigilance général sur l'absence d'encadrement de ces professions, sans qu'un signalement de faux souvenirs induits ne soit spécifiquement attribué à un praticien se présentant comme aromathérapeute dans le passage cité. Le même rapport documente par ailleurs un cas où une personne suivie pour des troubles psychiatriques a cessé son traitement médicamenteux au profit d'huiles essentielles, sur les conseils d'un « guide » se réclamant de « l'aromathérapie quantique », doctrine non reconnue par les autorités sanitaires, avant d'être hospitalisée.
Le même rapport Miviludes, ainsi qu'une contribution du Dr Stéphanie Träger qu'il reproduit, rappellent que le recours aux « pratiques de soins non conventionnelles » (homéopathie, acupuncture, phytothérapie, ostéopathie...) est fréquent chez les patients atteints de cancer — jusqu'à 90 % en soins palliatifs selon une étude citée — avec des risques jugés « majeurs et méconnus du public : toxicité des substances, effets secondaires, interactions avec le traitement médical voire retard de diagnostic, de prise en charge du malade, rupture de soins ou possibles dérives sectaires ». L'Institut national du cancer (INCa) rappelle sur sa page officielle consacrée aux médecines complémentaires que celles-ci « ne remplacent en aucun cas les traitements du cancer » et qu'il est essentiel d'en informer son équipe médicale, notamment en raison du risque d'interaction entre certaines plantes et les traitements anticancéreux.