Naturopathie & nutrition

Phytothérapie & aromathérapie

Plantes et huiles essentielles à des fins de bien-être : une pratique non réglementée (hors monopole pharmaceutique sur certaines plantes et une quinzaine d'huiles essentielles), aux titres professionnels flous, dont l'Anses documente les risques d'usage mal encadré, en particulier chez les jeunes enfants.

1 143 praticiens référencéspraticiens
749 communes couvertescommunes
60 € tarif médiantarif médian
60 min durée la plus courantedurée courante

En quoi consiste cette pratique

La phytothérapie désigne l'usage des plantes à des fins de bien-être, et l'aromathérapie celui des huiles essentielles, des extraits concentrés obtenus par distillation de matières végétales. Sur Paralib, cette spécialité rassemble des profils très variés : une large majorité des praticiens actifs qui lui sont rattachés (95 sur 177, soit plus d'un sur deux) sont déjà répertoriés comme naturopathes et disposent de leur propre page dédiée, déjà sourcée sur le cadre légal général de cette discipline (non réglementée, absence de reconnaissance par le ministère de la Santé depuis 2013) — cette page ne répète pas ce contenu et se concentre sur ce qui est propre aux plantes et aux huiles essentielles elles-mêmes.

Les huiles essentielles sont des « mélanges complexes de substances chimiques d'origine naturelle », extraites d'une matière végétale, dont la composition chimique (le « chimiotype ») varie selon le genre, l'espèce, la sous-espèce de la plante, mais aussi le climat, le lieu de récolte et la période de récolte : c'est ce que rappelle un bulletin de vigilance de l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) publié en décembre 2024, qui note qu'il est en pratique « difficile de savoir à quelle huile essentielle et à quelles substances chimiques une personne est exposée lorsqu'elle en utilise », certains flacons vendus dans le commerce contenant en réalité un mélange de plusieurs huiles essentielles d'espèces différentes.

À qui elle s'adresse

Les praticiens de cette catégorie se présentent comme des accompagnants du bien-être par les plantes et les huiles essentielles — hygiène de vie, confort au quotidien — et non comme des professionnels de santé habilités à diagnostiquer ou traiter une maladie. Une consultation ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un pharmacien, en particulier en cas de traitement médicamenteux en cours (risque d'interaction), de grossesse, ou concernant un enfant en bas âge.

Comment se déroule une séance

Sur Paralib, les 177 praticiens actifs rattachés à cette spécialité proposent 256 prestations recensées ; la durée médiane d'une séance est de 60 minutes, pour un tarif médian de 65 € en cabinet (sur 227 prestations). Les séances en visioconsultation sont également fréquentes (tarif médian 65 €, sur 61 prestations), tandis que les séances à domicile restent plus rares (tarif médian 57,50 €, sur un échantillon très restreint de 12 prestations).

Au cabinet 50 à 80 €
En visioconférence médiane 65 €
À domicile médiane 55 €

Sécurité et vigilance

Un bulletin de l'Anses de décembre 2024, réalisé en réponse à une saisine interministérielle de 2022, a analysé les expositions à des huiles essentielles rapportées aux Centres antipoison entre 2011 et 2021 : le nombre d'appels a augmenté sur la période (1 926 en 2011, plus de 4 000 cas par an entre 2018 et 2020, 3 752 en 2021), concernant surtout de jeunes enfants (âge médian 3 ans, 14 % de moins d'un an). Plus d'un tiers des cas résultait d'une confusion du flacon d'huile essentielle avec un autre produit (le plus souvent de la vitamine D administrée par erreur à un enfant), et plus d'un tiers d'un défaut de perception du risque par l'enfant ayant manipulé un flacon laissé à sa portée. L'Anses recommande de ne jamais laisser les flacons d'huiles essentielles à la portée des jeunes enfants, de demander conseil à un professionnel de santé avant tout usage, et d'appeler un Centre antipoison en cas d'exposition accidentelle ou de surdosage. Elle rappelle des précautions spécifiques : l'huile essentielle de gaulthérie, riche en dérivés salicylés proches de l'aspirine, est contre-indiquée en cas d'allergie à l'aspirine ou de traitement anticoagulant et ne doit jamais être ingérée ; les huiles essentielles de Melaleuca (arbre à thé, niaouli, cajeput), par voie orale, sont déconseillées chez les enfants de moins de 30 mois, chez les personnes ayant des antécédents d'épilepsie ou de convulsions fébriles, ainsi que chez les femmes enceintes ou allaitantes.

Le rapport d'activité 2022-2024 de la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) cite l'« aromathérapeute » parmi une liste de « thérapeutes auto-proclamés » (aux côtés du coach de vie, de l'hypnothérapeute, de l'énergéticien...) « qui ne disposent d'aucun diplôme reconnu par l'État et qui mettent en œuvre des pratiques non éprouvées », dans une partie consacrée aux signalements de faux souvenirs induits reçus par la mission entre 2022 et 2024 — un point de vigilance général sur l'absence d'encadrement de ces professions, sans qu'un signalement de faux souvenirs induits ne soit spécifiquement attribué à un praticien se présentant comme aromathérapeute dans le passage cité. Le même rapport documente par ailleurs un cas où une personne suivie pour des troubles psychiatriques a cessé son traitement médicamenteux au profit d'huiles essentielles, sur les conseils d'un « guide » se réclamant de « l'aromathérapie quantique », doctrine non reconnue par les autorités sanitaires, avant d'être hospitalisée.

Le même rapport Miviludes, ainsi qu'une contribution du Dr Stéphanie Träger qu'il reproduit, rappellent que le recours aux « pratiques de soins non conventionnelles » (homéopathie, acupuncture, phytothérapie, ostéopathie...) est fréquent chez les patients atteints de cancer — jusqu'à 90 % en soins palliatifs selon une étude citée — avec des risques jugés « majeurs et méconnus du public : toxicité des substances, effets secondaires, interactions avec le traitement médical voire retard de diagnostic, de prise en charge du malade, rupture de soins ou possibles dérives sectaires ». L'Institut national du cancer (INCa) rappelle sur sa page officielle consacrée aux médecines complémentaires que celles-ci « ne remplacent en aucun cas les traitements du cancer » et qu'il est essentiel d'en informer son équipe médicale, notamment en raison du risque d'interaction entre certaines plantes et les traitements anticancéreux.

Remboursement

Une consultation de phytothérapie ou d'aromathérapie par un praticien non professionnel de santé n'est pas prise en charge par l'Assurance Maladie : selon les précisions apportées sur le forum officiel ameli.fr, l'inscription d'un acte sur les listes remboursables suppose l'avis de la Haute Autorité de Santé et une approbation ministérielle, ce qui n'est pas le cas de ces pratiques.

Questions fréquentes

Selon une synthèse de l'Unadfi (association de lutte contre les dérives sectaires), le titre d'« aromathérapeute » est réservé aux titulaires d'un diplôme universitaire d'aromathérapie, une formation qui s'adresse en pratique aux professionnels de santé. Sans ce diplôme, on parle plutôt de « conseiller en aromathérapie » ou d'« aromatologue ». Le titre de « phytothérapeute » n'est en revanche rattaché à aucun diplôme d'État identifié.

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En bref
Tarif médian60 €
Durée courante60 min
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