En quoi consiste cette pratique
La thérapie systémique désigne, plus largement que la seule thérapie de couple ou familiale, une manière de penser les difficultés d'une personne à travers ses interactions avec son entourage plutôt qu'isolément — que la séance réunisse effectivement plusieurs personnes ou qu'elle se fasse en individuel avec une seule personne, en s'intéressant alors à son système de relations. Apparue aux États-Unis dans les années 1950 (voir la page « Thérapie de couple & familiale » pour l'historique détaillé de ce courant fondateur), cette approche s'est ensuite diversifiée en plusieurs courants distincts, que le rapport d'expertise collective de l'Inserm de 2004 sur les psychothérapies recense et définit précisément : structuraux, stratégiques, intergénérationnels, comportementaux-cognitifs, humanistes, centrés sur la solution, et narratifs.
Le courant narratif, qui donne son nom à cette page aux côtés de l'approche systémique générale, est né en Australie et en Nouvelle-Zélande au tournant des années 1980, sous l'impulsion du travailleur social australien Michael White (1948-2008), fondateur en 1983 du Dulwich Centre à Adelaïde, et du thérapeute néo-zélandais David Epston. Selon l'Inserm, « les thérapies narratives se réfèrent aux philosophes de la "post-modernité" et au constructionnisme social, en postulant que l'échange conversationnel est la condition, pour un groupe, pour construire une réalité partagée » ; les praticiens de ce courant ne se positionnent pas comme des spécialistes du changement supérieurs à la famille, mais accompagnent la mise en récit et le partage des expériences vécues. Le concept le plus connu de cette approche est l'« externalisation du problème », résumée par la formule attribuée à Michael White : la personne n'est pas le problème, le problème est le problème — une façon de désigner la difficulté comme extérieure à l'identité de la personne plutôt que comme une caractéristique qui la définirait.





