En quoi consiste cette pratique
La sonothérapie (parfois appelée « bain sonore » ou « sound healing ») regroupe des pratiques de bien-être qui utilisent des instruments producteurs de vibrations et de sons — bols dits « tibétains », bols de cristal, gongs, diapasons, tambours — joués autour ou parfois au contact du corps d'une personne allongée ou assise, dans un objectif de détente et de relâchement.
Le récit le plus répandu, y compris chez de nombreux praticiens et écoles, présente les bols « tibétains » comme un instrument ancestral utilisé depuis des siècles par les moines bouddhistes du Tibet à des fins méditatives. Cette origine est cependant largement remise en cause par une source sérieuse et indépendante du secteur : dans la revue bouddhiste américaine Tricycle, l'universitaire Samuel M. Grimes (professeur de sciences religieuses, Fairfield University) relève qu'« il n'existe aucune preuve tangible que ces bols soient anciens — et encore moins qu'ils soient tibétains ». Selon cet article, la première trace écrite de leur usage comme instrument à « faire chanter » date de 1972, avec l'album Tibetan Bells des musiciens américains Nancy Hennings et Henry Wolff, conçu dans la mouvance New Age de l'époque ; des tibétologues et moines interrogés n'ont pour leur part jamais rencontré ces objets utilisés ainsi dans la tradition tibétaine, et aucun des instruments religieux tibétains catalogués par les spécialistes ne correspond à un bol chantant. Une origine plus probable évoquée serait des bols himalayens (Népal, Inde du Nord) ou des instruments japonais (« rin »), commercialisés en Occident sous une étiquette « tibétaine » à partir des années 1990.
La sonothérapie est à distinguer de la musicothérapie, une discipline différente qui s'appuie sur l'écoute ou la production musicale encadrée et qui dispose de diplômes universitaires (DU) dans plusieurs universités françaises (Montpellier, Nantes, Toulouse). Même cette discipline plus structurée reste toutefois hors du champ des professions de santé réglementées : sa certification RNCP la plus proche (RNCP26932, « Musicothérapeute clinicien », Université Paul Valéry Montpellier 3) a cessé d'être enregistrée le 4 janvier 2020, et le ministère de la Santé a indiqué qu'une reconnaissance officielle de la musicothérapie n'était « pas actuellement ouverte ni souhaitée », en réponse à une question parlementaire.





