En quoi consiste cette pratique
La chromothérapie (ou « chromatothérapie ») consiste à exposer une personne à des lumières ou filtres colorés — projections localisées sur une zone du corps, « bains de couleur » en ambiance globale, ou verres teintés — dans l'idée que chaque couleur agirait spécifiquement sur le corps et l'esprit. Les origines antiques (Égypte, Inde) souvent citées par le secteur commercial de la chromothérapie ne reposent sur aucune source historique ou académique fiable identifiée à ce jour ; elles doivent être lues comme une allégation répandue, non comme un fait établi.
La forme moderne de la pratique remonte à l'entre-deux-guerres aux États-Unis : en avril 1920, l'ingénieur Dinshah P. Ghadiali lance à New York son système « Spectro-Chrome », qui projette douze couleurs sur le corps pour « rétablir l'équilibre chimique » de l'organisme. Cette méthode a connu des suites judiciaires importantes : Ghadiali a été condamné en 1925, poursuivi en 1945 pour étiquetage frauduleux de ses appareils, et le gouvernement fédéral américain a obtenu en 1958 une injonction permanente interdisant la vente inter-États du Spectro-Chrome, des experts ayant qualifié l'appareil de simple lampe sans effet démontré au-delà du placebo.
En France, une méthode privée déposée sous le nom « Chromatothérapie® » a été développée à partir des années 1980 par le Dr Christian Agrapart, médecin neuropsychiatre et acupuncteur, qui a fondé en 1981 le CEREC (Centre Européen de Recherche sur l'Énergétique et la Couleur), organisme de formation privé basé à Melun. Cette méthode revendique une action de rayons colorés filtrés sur l'organisme ; elle n'a fait l'objet d'aucune validation scientifique ou académique indépendante identifiée à ce jour, plusieurs sources l'ayant au contraire critiquée : l'association française pour l'information scientifique (AFIS) qualifie l'unique étude publiée par le Dr Agrapart (portant sur des souris) de dépourvue de rigueur scientifique et « empreinte d'ésotérisme », et le collectif zététique Cortecs a produit une analyse critique du même travail. Certains praticiens Paralib mentionnent avoir suivi cette formation, présentée ici uniquement comme une des offres de formation existantes, sans caution médicale ou scientifique établie.
Sur le plan des principes, aucun mécanisme biologique n'a été scientifiquement décrit permettant à une couleur d'agir sur l'organisme au-delà du mécanisme ordinaire de la vision, comme le souligne le physicien Sébastien Point (AFIS) : les praticiens ne définissent généralement pas leurs « couleurs thérapeutiques » en longueurs d'onde précises, ce qui rend tout protocole difficilement reproductible d'un praticien à l'autre.





