En quoi consiste cette pratique
La Société Française d'Équithérapie (SFE) définit l'équithérapie comme « une prise en charge psycho-corporelle fondée sur la présence du cheval comme médiateur thérapeutique », dispensée à une personne « dans ses dimensions psychiques, motrices, sensorielles, cognitives et sociales ». Le cheval y joue le rôle de tiers, facilitateur de la relation et des échanges entre l'équithérapeute et la personne accompagnée ; les outils mobilisés adaptent des approches déjà existantes (psychothérapie, psychomotricité, orthophonie, kinésithérapie, sophrologie...) à la présence de l'animal.
Le terme d'équithérapie s'inscrit dans un ensemble plus large que l'administration désigne comme la « médiation équine » : un rapport parlementaire de 2024 (question écrite n° 15519 à l'Assemblée nationale) regroupe ainsi sous cette appellation « l'équicie, l'équithérapie, l'hippothérapie ainsi que l'équi-coaching », des pratiques aux frontières mouvantes et non strictement codifiées à ce jour. L'équicie, notamment, désigne un accompagnement à visée éducative ou pédagogique par le cheval, en particulier pour des personnes en situation de handicap ; le métier d'« équicien » qui la pratique a fait l'objet d'une reconnaissance officielle distincte en 2014 (voir plus bas). L'hippothérapie, de son côté, est le terme le plus souvent employé dans la littérature scientifique internationale pour désigner un usage à visée de rééducation motrice, conduit par des professionnels de santé (kinésithérapeutes notamment).
L'usage thérapeutique du cheval est ancien : selon les sources consultées sur l'histoire de la discipline, la pratique équestre était déjà mobilisée dans l'Antiquité, dans les temples d'Esculape en Grèce, « pour favoriser l'évolution de certaines maladies somatiques et pour fortifier les membres » ; le stratège grec Xénophon (Ve-IVe siècle av. J.-C.) est resté associé à la formule « le cheval est un bon maître, non seulement pour le corps, mais aussi pour l'esprit et pour le cœur ». Au XXe siècle, l'écuyère danoise Lis Hartel, qui avait recouru à une pratique équestre intensive pour surmonter les séquelles d'une poliomyélite, a remporté la médaille d'argent de dressage aux Jeux olympiques d'Helsinki en 1952. En France, la publication en 1973 de l'ouvrage La Rééducation par l'équitation, par la psychomotricienne Renée de Lubersac et le kinésithérapeute Hubert Lallery, est présentée comme marquant l'arrivée d'une discipline thérapeutique structurée autour du cheval.




