En quoi consiste la médecine du travail
La médecine du travail est née en France avec la loi n° 46-2195 du 11 octobre 1946 relative à l'organisation des services médicaux du travail, qui a rendu obligatoire la création de « services médicaux du travail » financés par les employeurs et accessibles à l'ensemble des salariés. Ce texte fondateur posait déjà le principe central de la discipline : un rôle « exclusivement préventif », consistant à éviter toute altération de la santé des travailleurs du fait de leur travail, exercé en toute indépendance technique par des médecins spécialement qualifiés.
Ce principe reste, aujourd'hui encore, au cœur du code du travail. L'article L4622-3 dispose que le rôle du médecin du travail « est exclusivement préventif ». Les missions des services de prévention et de santé au travail (SPST), qui l'emploient, sont énumérées à l'article L4622-2 : préserver la santé physique et mentale des travailleurs, contribuer à l'évaluation et à la prévention des risques professionnels, conseiller employeurs et salariés sur les mesures à prendre pour éviter ou diminuer ces risques, assurer la surveillance de l'état de santé des travailleurs en fonction des risques auxquels ils sont exposés, participer à la traçabilité des expositions professionnelles, et contribuer à des actions de promotion de la santé sur le lieu de travail.
La loi n° 2021-1018 du 2 août 2021 pour renforcer la prévention en santé au travail, entrée en application le 31 mars 2022, a rebaptisé les anciens « services de santé au travail » (SST) en « services de prévention et de santé au travail » (SPST) — un changement de nom qui traduit un élargissement des missions vers la prévention primaire et la santé publique en entreprise, sans remettre en cause le rôle préventif du médecin lui-même.

