Santé réglementée & paramédical

Ostéopathie

Une pratique manuelle centrée sur les troubles fonctionnels du corps, dont le titre est protégé par la loi depuis 2002 — recommandée par la HAS en complément de l'exercice physique, notamment dans la lombalgie commune, mais qui ne remplace pas un diagnostic ou un traitement médical.

597 praticiens référencéspraticiens
365 communes couvertescommunes
60 € tarif médiantarif médian
60 min durée la plus courantedurée courante

En quoi consiste cette pratique

L'ostéopathie a été fondée aux États-Unis par le médecin Andrew Taylor Still, qui ouvre la première école dédiée, l'American School of Osteopathy, à Kirksville en 1892. Selon l'histoire retracée par le Syndicat Français des Ostéopathes (SFDO), l'approche de Still repose sur « l'unité de l'être humain » et sur ses « capacités d'auto-régulation », en réaction à ce qu'il percevait comme les excès de la médecine américaine de son époque. La discipline arrive en Europe dès 1917, lorsque John Martin Littlejohn, élève de Still, fonde la British School of Osteopathy à Londres. En France, Paul Gény ouvre l'École Française d'Ostéopathie à Paris en 1950, puis crée la Société Française d'Ostéopathie en 1952 et le Syndicat National des Ostéopathes en 1959 ; entre 1960 et 1962, l'Ordre des médecins obtient la fermeture de cette école et un arrêté interdit la pratique aux non-médecins, avant que l'Association Française De l'Ostéopathie (ancêtre du SFDO actuel) ne soit fondée en 1973 pour défendre la profession. Il faut attendre la loi n°2002-303 du 4 mars 2002 (dite loi Kouchner), puis ses décrets d'application de 2007, pour que l'usage du titre d'ostéopathe soit officiellement reconnu et encadré par la loi française.

Sur le plan légal, le décret n°2007-435 du 25 mars 2007 définit l'ostéopathie comme des « manipulations ayant pour seul but de prévenir ou de remédier à des troubles fonctionnels du corps humain, à l'exclusion des pathologies organiques qui nécessitent une intervention thérapeutique, médicale, chirurgicale, médicamenteuse ou par agents physiques ». Ces manipulations doivent être « musculo-squelettiques et myo-fasciales, exclusivement manuelles et externes ». Le même décret interdit formellement les manipulations gynéco-obstétricales et les touchers pelviens, et soumet à un avis médical préalable les manipulations du crâne, de la face et du rachis chez le nourrisson de moins de six mois ainsi que les manipulations cervicales.

À qui elle s'adresse

L'ostéopathie vise la prévention ou le traitement de troubles fonctionnels — c'est-à-dire des gênes ou douleurs sans lésion organique identifiée nécessitant une prise en charge médicale, chirurgicale ou médicamenteuse. Le décret de 2007 précise explicitement que les pathologies organiques sont exclues du champ de l'ostéopathie et impose à l'ostéopathe non médecin d'orienter le patient vers un médecin lorsque les symptômes appellent un diagnostic ou un traitement médical, ou lorsqu'ils persistent ou s'aggravent. La Haute Autorité de Santé, dans sa fiche mémo de 2019 sur la lombalgie commune, situe les techniques manuelles (manipulations et mobilisations) parmi les traitements de deuxième intention, à utiliser uniquement en complément d'un programme d'exercice physique supervisé — jamais isolément ni en première intention.

Comment se déroule une séance

Limite assumée pour cette page : aucune base de données Paralib n'était accessible au moment de la rédaction (ni database/database.sqlite, ni snapshot dans database/seeders/data/, volontairement non versionné pour des raisons de RGPD) — la description ci-dessous reste donc générale, sourcée à la fédération professionnelle, sans qu'aucune durée ou tarif « donnée Paralib » n'ait été inventé ou recyclé d'un comptage antérieur.

Au cabinet 55 à 70 €
En visioconférence médiane 57,50 €
À domicile médiane 70 €

Selon le Syndicat Français des Ostéopathes, « le temps d'une consultation peut varier d'une demi-heure jusqu'à une heure », la première séance étant généralement plus longue que les suivantes. Le décret n°2007-435 impose par ailleurs à l'ostéopathe de tenir, pour chaque patient, une fiche d'observation retraçant les actes et les traitements effectués.

Efficacité et place dans le parcours de soins

La Haute Autorité de Santé, dans sa fiche mémo de 2019 sur la prise en charge de la lombalgie commune, situe l'exercice physique comme le traitement central permettant une évolution favorable, dans une approche centrée sur le patient et biopsychosociale. Les techniques manuelles (manipulation, mobilisation ou techniques des tissus mous) n'y sont recommandées qu'en deuxième intention et exclusivement associées à un programme d'exercice supervisé — la HAS ne recommande par ailleurs pas l'acupuncture, les ultrasons ni la traction lombaire dans cette même prise en charge.

Vigilance et repères

Le rapport d'activité 2022-2024 de la Miviludes indique que, parmi les signalements et demandes d'information adressés à la mission et visant nommément un professionnel de santé, un psychothérapeute ou un psychologue, 12 % mentionnent un ostéopathe (Graphique n°9, p.94-95) — une proportion à resituer dans son contexte : ces signalements ne portent pas nécessairement sur des ostéopathes diplômés et enregistrés auprès de l'ARS, et le même rapport documente par ailleurs, dans sa partie consacrée aux pratiques non conventionnelles, le cas d'une personne se présentant frauduleusement comme un « thérapeute spécialisé en énergétique, ostéopathe et acupuncteur » sans détenir aucun de ces titres. Le titre d'ostéopathe étant protégé par la loi, un patient peut vérifier qu'un praticien est bien autorisé à en faire usage (enregistrement ARS, inscription au RPPS depuis 2024) plutôt que de se fier à la seule mention sur une plaque ou un site internet.

Remboursement et financement

Les séances d'ostéopathie ne sont pas remboursées par l'Assurance Maladie, y compris pour les bénéficiaires de la Complémentaire Santé Solidaire. De nombreuses mutuelles et complémentaires santé proposent en revanche une prise en charge partielle, sous forme de forfait annuel ou par séance, dont les conditions varient selon les contrats — à vérifier directement auprès de son organisme.

Questions fréquentes

Oui : depuis la loi n°2002-303 du 4 mars 2002 et ses décrets d'application de 2007, l'usage du titre d'ostéopathe est réservé par la loi à des professionnels de santé formés (médecins, sages-femmes, masseurs-kinésithérapeutes, infirmiers) ou titulaires d'un diplôme délivré par un établissement agréé par le ministère de la Santé, enregistrés auprès de l'ARS. Elle ne dispose toutefois pas d'un ordre professionnel, à la différence des médecins ou des masseurs-kinésithérapeutes.

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Tarif médian60 €
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