En quoi consiste cette pratique
Le reboutement (le praticien est appelé « rebouteux » ou « rebouteuse », parfois « rebouteur ») est une pratique manuelle traditionnelle et empirique, non issue d'un cursus médical. Selon la définition retenue par le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (CNRTL, dictionnaire de référence adossé au CNRS), un rebouteux est « celui ou celle qui guérit par des procédés empiriques les luxations, les fractures, les foulures, les douleurs articulaires ». Le terme est un dérivé du verbe « rebouter » — remettre bout à bout, remettre en place — attesté sous la forme « rebouteresse » dès 1460 puis « rebouteur » (1812) et « rebouteux » (1893). Le CNRTL cite un passage d'Honoré de Balzac (1831) décrivant ces praticiens de campagne comme agissant « sans étude apparente, mais par des connaissances héréditaires et souvent par l'effet d'une longue pratique [...] remettaient les jambes et les bras cassés » — une description historique, non une validation de l'efficacité de la pratique.
Le reboutement repose sur des gestes manuels : pressions, palpations, mobilisations des articulations et des muscles, transmis traditionnellement de manière orale ou familiale plutôt que par un enseignement académique structuré. Le rapport de l'Académie nationale de médecine du 5 mars 2013 sur les thérapies complémentaires établit un lien historique précis avec la médecine manuelle : cette dernière, mise au point par le Dr Robert Maigne et réservée aux médecins et personnels de santé diplômés, s'est développée « en s'inspirant également de l'expérience des rebouteux auvergnats », et fut, selon ce même rapport, « la seule [technique de manipulation manuelle] légalement autorisée en France jusqu'à la légalisation des deux précédentes [ostéopathie et chiropraxie] en 2002 ». Le reboutement traditionnel lui-même, en tant que pratique populaire exercée hors du champ médical, n'a jamais fait l'objet de cette légalisation et reste aujourd'hui une pratique non réglementée (voir plus bas).




