Médecines traditionnelles & orientales

Acupuncture

Une pratique issue de la médecine traditionnelle chinoise consistant à insérer de fines aiguilles en des points précis du corps — en France, un acte médical réservé par la loi aux médecins, aux sages-femmes (dans le cadre obstétrical) et aux chirurgiens-dentistes, dont l'effet reconnu sur certaines douleurs chroniques et sur les nausées reste, selon l'Académie nationale de médecine, principalement attribuable à l'effet placebo.

217 praticiens référencéspraticiens
140 communes couvertescommunes
65 € tarif médiantarif médian
60 min durée la plus courantedurée courante

En quoi consiste cette pratique

L'acupuncture est une discipline issue de la tradition médicale chinoise consistant à stimuler des « points d'acupuncture » à visée thérapeutique, le plus souvent par l'insertion d'aiguilles fines, stériles et à usage unique. Selon la théorie traditionnelle du yin et du yang, chaque organe et viscère du corps est parcouru par un méridien le long duquel circulerait une énergie vitale, le Qi ; l'objectif de l'acupuncture est de réguler cette circulation en agissant sur un ou plusieurs des 361 points répertoriés le long de ces méridiens. En pratique, le praticien insère en général de 5 à 15 aiguilles, laissées en place de quelques secondes à 20-30 minutes, parfois complétées par une stimulation électrique légère ou par la chaleur (moxibustion, à base d'armoise). Cette théorie des méridiens et du Qi est une construction traditionnelle : elle n'a pas de fondement reconnu par la physiologie moderne, et les recherches disponibles n'ont pas permis d'en démontrer la réalité anatomique. La pratique connaît une diffusion mondiale depuis plusieurs décennies et a été inscrite en 2010 au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO — une reconnaissance culturelle, qui ne constitue pas une validation scientifique de son efficacité thérapeutique.

À qui elle s'adresse

Sur la base des indications où un bénéfice a été jugé statistiquement établi par les rapports Inserm et Académie nationale de médecine, l'acupuncture est le plus souvent proposée en complément d'une prise en charge médicale pour des douleurs chroniques (lombalgies, cervicalgies, arthrose des membres inférieurs, migraines et céphalées de tension), pour les douleurs de la grossesse et de l'accouchement, ou pour atténuer les nausées et vomissements, notamment ceux liés à la chimiothérapie anticancéreuse. Ce n'est pas un traitement de première intention ni un substitut à un diagnostic ou à un suivi médical : l'Académie nationale de médecine recommande explicitement d'éviter le recours aux thérapies complémentaires en l'absence d'un diagnostic médical préalable, et de ne pas y recourir lorsque des symptômes sont inhabituels ou persistants sans avis médical au préalable. En cas de symptôme, de douleur inexpliquée ou persistante, consultez un médecin.

Comment se déroule une séance

Une première consultation d'acupuncture débute en général par un interrogatoire et un examen (dont, dans la tradition chinoise, la prise du pouls et l'observation de la langue) permettant au praticien d'identifier les points à traiter. Sur les données réelles issues des praticiens Paralib actifs rattachés à cette spécialité au moment de la rédaction (7 praticiens actifs, 28 prestations publiées, échantillon restreint et vraisemblablement inférieur au nombre réel de praticiens actifs en production) : durée médiane 60 minutes ; tarif médian 65 € en cabinet (25 prestations) et 80 € à domicile (5 prestations, échantillon restreint) — le tarif en visio ne repose que sur une seule prestation et n'est donc pas donné ici, l'acupuncture nécessitant de toute façon un contact direct.

Au cabinet 60 à 80 €
À domicile médiane 75 €

Ce que dit la recherche

L'acupuncture est l'une des pratiques non conventionnelles les plus étudiées au monde : plusieurs milliers d'essais cliniques sont recensés dans la littérature scientifique, portant sur plusieurs dizaines d'indications. Selon le rapport thématique de l'Inserm consacré à son évaluation (2014), pour un certain nombre de douleurs chroniques ainsi que pour les nausées et vomissements, « on peut affirmer avec suffisamment de certitude que l'acupuncture a une efficacité supérieure à une absence de soin » ; en revanche, « en ce qui concerne les autres indications, fort nombreuses, il est difficile d'être aussi tranché ». Le rapport souligne aussi une limite méthodologique majeure, encore non résolue à ce jour : « il est impossible de dire aujourd'hui si l'acupuncture, quelle que soit l'indication, est plus efficace quand elle est réalisée dans les règles de l'art, ou quand elle est réalisée dans des zones de piqûre aléatoires, voire en simulant purement et simplement les piqûres » — autrement dit, la plupart des essais ne parviennent pas à distinguer un effet spécifique de l'acupuncture d'un effet placebo. Le rapport de l'Académie nationale de médecine (5 mars 2013) aboutit à une conclusion voisine après une revue détaillée des essais comparant acupuncture réelle et acupuncture simulée (aiguilles rétractables ou hors des points recommandés) : dans la plupart des indications (lombalgie, migraine, céphalée de tension, arthrose du genou, dysménorrhée), les deux formes d'acupuncture donnent des résultats équivalents, toutes deux supérieures à l'absence de traitement. L'Académie en conclut explicitement : « L'effet placebo est donc le mécanisme d'action de l'acupuncture le plus plausible ». Les deux rapports s'accordent néanmoins pour reconnaître aux séances d'acupuncture un intérêt statistiquement supérieur à l'absence de soin dans plusieurs indications (douleurs ostéo-articulaires chroniques, céphalées, nausées et vomissements notamment liés à la chimiothérapie), tout en soulignant que cet effet, quelle qu'en soit l'origine exacte, reste généralement modeste et ne surpasse pas les traitements de référence. Sur le plan de la sécurité, l'Inserm relève que « les risques d'effet indésirables graves semblent extrêmement limités, du moins dans le contexte occidental d'un exercice bien contrôlé » — une réserve qui souligne l'importance d'un praticien correctement formé.

Vigilance : un acte réservé, parfois usurpé

Le fait que l'acupuncture soit un acte médical réservé n'empêche pas des usurpations du titre. La Miviludes documente dans son rapport d'activité 2022-2024 le cas d'un « chaman » se présentant comme « thérapeute spécialisé en énergétique, ostéopathe et acupuncteur », sans aucun diplôme de santé, qui avait développé une théorie selon laquelle les maladies proviendraient de « nœuds émotionnels » s'implantant dans les organes et pouvant, selon lui, dégénérer en cancer ou en infarctus. La Miviludes note plus largement que les pratiques de soins non conventionnelles bénéficient d'une image très favorable auprès du public (70 % des Français en ont une bonne image selon un sondage cité dans le rapport), ce qui peut conduire certaines personnes à s'écarter de leur parcours de soins habituel au profit de praticiens « auto-déclarés ». Avant de consulter pour une véritable acupuncture par insertion d'aiguilles, il est donc légitime de vérifier que le praticien est bien un médecin, une sage-femme ou un chirurgien-dentiste inscrit au répertoire RPPS. Cette pratique doit également être distinguée de l'acupression (ou digitopuncture), qui applique une pression des doigts sur les mêmes points sans percer la peau, n'est pas un acte médical réservé et fait l'objet d'une page dédiée sur Paralib.

Remboursement

Les actes d'acupuncture pratiqués par un médecin conventionné peuvent être remboursés par l'Assurance Maladie à hauteur de 70 % du tarif conventionnel, sous réserve de respecter le parcours de soins coordonnés (passage préalable par le médecin traitant) ; en dehors de ce parcours, ou lorsque l'acte est facturé au titre d'une simple consultation plus onéreuse que l'acte d'acupuncture lui-même, les règles habituelles de remboursement des consultations médicales s'appliquent. Les séances pratiquées par un médecin non conventionné, ou par toute personne non habilitée à exercer un acte médical, ne sont pas remboursées par l'Assurance Maladie ; certaines mutuelles proposent une prise en charge complémentaire dans le cadre d'un forfait « médecines douces » ou « bien-être ».

Questions fréquentes

Selon une jurisprudence constante de la Cour de cassation, rappelée par la Miviludes, l'acupuncture est un acte médical réservé aux médecins, sages-femmes (dans le cadre obstétrical, avec un diplôme dédié) et chirurgiens-dentistes. La pratiquer sans appartenir à l'une de ces professions de santé expose à des poursuites pour exercice illégal de la médecine.

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Tarif médian65 €
Durée courante60 min
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